Fais-le dans la peur, mais fais-le

Tu as cette idée qui traine depuis des années.
Tu ne la concrétises jamais vraiment parce qu'elle ne fait pas partie du quotidien que tu t'es construit(e).
Mais en même temps, ce même quotidien t'épuises.
Tu te surprends à t'imaginer ailleurs, ailleurs où tu te sentiras vraiment à ta place. Où tu feras enfin ce qui te plait.
Mais quelque chose te bloque : la peur.
Peur de te tromper, de te planter, de ne pas être à la hauteur.

Et si cette peur était justement le signe que tu es sur la bonne voie ?

Jusqu'à il y a quelques années, dès que je devais sortir de ma zone de confort, je commençais toutes mes phrases par "Oui, mais j'ai peur de…"

Aujourd'hui, quand cette phrase surgit, je sais exactement ce qu'elle signifie : c'est le signal qu'il faut y aller.
La peur n'a pas disparu. Mais elle a changé de rôle. Elle n'est plus un mur, c'est ma boussole.

"J'ai peur de" n'est pas un argument valable pour rester immobile.
C'est juste ton cerveau qui fait son travail : te protéger de l'inconnu.
Sauf que l'inconnu, c'est exactement là où se trouve ce que tu veux construire.

Voici comment je suis passée de "j'ai peur" à "on tente" :

Le pire conseil : "suis ta passion"

Il y a quelques mois, j'ai compris que je n'avais pas besoin d'être parfaite dans mon domaine dès le début.

Tu commences, tu essaies et tu avises.

Cal Newport l'explique d'ailleurs très bien en disant qu'il est risqué de tout lâcher pour partir "suivre sa passion" tête baissée. Il précise d'ailleurs que c'est un chemin à construire petit à petit. C'est comme ça que tu apprivoiseras la peur.

Construis-toi un capital carrière d'abord, avant de faire des choses trop déconnectées de ton expertise ou connaissances.

Donc commence en faisant plusieurs petits paris. Il faut essayer plusieurs choses - qui peuvent prendre, au plus, quelques mois. Et en retirer du feedback.

Et du feedback, tu pourras en demander en passant à l'action.

Essaie malgré la peur

Quand j'ai démissionné de mon premier job, j'ai eu peur de candidater pour un poste de Responsable Service Client : j'avais 22 ans et je me disais "qui suis-je pour candidater à ce type de poste à responsabilité ?".
Au final ils m'ont prise.
- Bon, je coûtais moins cher qu'un responsable sénior, précisons-le quand même ! -
Mais c'est là que j'ai pu affirmer mes compétences. Pas avant. Pas en attendant d'être "prête" pour ce job.

Privilégie l'expérience à la théorie

La leçon, c'est ça : rien n'est jamais perdu si tu as essayé.
Même les expériences qui ne te servent plus aujourd'hui ont compté.
Tu y as consacré du temps et de l'énergie. Elles t'ont appris quelque chose. Ne serait-ce que ce que tu ne veux plus faire.
En passant à l'action, même sur des petites tâches, tu te mets en mouvement. Tu apprends. Tu récoltes du feedback. Et c'est là que tu commences enfin à faire ce que tu repousses depuis des années.

Et j'insiste, car j'en ai parlé dans une édition précédente : passer à l'action, oui - mais sur ce qui apporte de la valeur à ton projet.

Sinon, tu ne sauras jamais si ça fonctionne.

Prépare-toi avec trois scénarios

Pas besoin d'avoir un plan détaillé et sans défaut. Si tu n'arrives pas à effectuer les tâches importantes et qui feront avancer ton projet, fonctionne plutôt en scénario.

Fais-toi 3 scénarios permettant d'avancer sereinement : best scenario, middle scenario, worst scenario. Pas plus ! On ne va pas dans les détails, et on réfléchit en solution : "comment vais-je rebondir si le worst scenario arrive ?"

Et honnêtement, le worst scenario, arrive peu souvent.

L'idée, c'est de te donner assez de repères pour savoir que même si ça ne se passe pas comme prévu, tu auras une direction. Pas un plan parfait, une direction.

Pour garder ton focus vers ton objectif, concentre-toi sur les tâches qui apporteront de la valeur à ton projet.

J'ai d'ailleurs tenté ma chance en candidatant à ce job de Responsable Service Client - j'ai d'abord fait ma petite action : cliquer sur "candidater".

  • Best scenario : je suis prise !
  • Middle scenario : ils me baladent, et je ne sais pas vraiment si je correspond au poste
  • Worst scenario : ils me refusent et se moquent de moi en passant

Bon... on était quand même sur un middle scenario : ils m'ont laissée dans le flou quelques semaines, et j'ai fini par tellement y croire, que j'appelais, chaque semaine, pour avoir des nouvelles.

J'étais motivée, et ça se voyait.

Les scénarios te préparent, mais ton énergie fera aussi la différence.

Bascule ton énergie vers l'avant

Beaucoup dépend de ta posture, intérieure comme extérieure.

Je sais, dis comme ça, ça ressemble à un énième pep talk sur la pensée positive. Ce n'est pas ce que je te propose.

Quand j'ai postulé à ce poste de Responsable SAV, je me répétais :
"Mais qui suis-je pour prétendre à ça ?"
Le syndrome de l'imposteur, en boucle. Pourtant, quelque part, j'y croyais un peu. Assez pour postuler. Assez pour l'avoir.
Ce qui a fait la différence, c'est que j'ai choisi de regarder vers l'avant plutôt que de rester figée sur mes croyances négatives.

Regarder vers l'avant, ce n'est pas mettre des œillères sur ce qui ne fonctionne pas. Tu peux, tu dois, identifier ce qui coince et observer tes blocages. Mais il y a une différence entre analyser un problème pour avancer et ruminer en boucle jusqu'à t'enliser.

L'un te fait progresser. L'autre te paralyse.
Je ne te dis pas d'ignorer ce qui ne va pas.
Je te dis : arrête de t'entraîner dans ta propre chute.
Plus tu ressasses le négatif, plus il prend de la place. Plus tu te concentres sur tes échecs passés, moins tu as d'énergie pour avancer.

Concentre-toi sur là où tu veux aller.

Pense à ton parcours comme une ascension : tu grimpes en regardant toujours vers le haut.

Ton histoire ne te définit pas

Plus on se focalise sur un événement, plus on s'y identifie. On finit par croire qu'on est cet échec, cette rupture, cette erreur.
Mais tu n'es pas la somme de tes souvenirs. Tu es celle qui a traversé ces expériences.
En grandissant, on construit un modèle de soi : celui qu'on montre aux autres, celui qui coche les cases. On s'y accroche. Et dès que quelque chose vient le bousculer, on panique.

Est-ce que ton passé t'a façonné(e) ? Oui, évidemment.

Mais ça ne veut pas dire que tu dois rester prisonnièr.e de cette version de toi. Michael Singer propose une idée simple : accepter ce qui a été, et choisir d'avancer.
Attention : avancer, ce n'est pas mettre ses problèmes sous le tapis. La thérapie a été l'une des meilleures décisions de ma vie. Mais il y a une différence entre comprendre son passé et s'y enchaîner.

Et une fois qu'on accepte que notre histoire ne nous enferme pas, il reste un dernier piège à désamorcer.

Accepte d'être imparfait

Parce que même libéré(e) du passé, tu vas quand même te planter.

Tu vas te tromper. Tu vas faire des erreurs.

Et à ce moment-là, tu as deux options.

Soit tu luttes contre ce sentiment : tu te juges, tu rumines, tu te refermes. Et tu n'apprends rien.

Soit tu traverses l'inconfort. Tu acceptes que ça fait partie du processus. Et tu te traites avec la même bienveillance que tu aurais pour un ami qui galère.

Kristin Neff appelle ça la self-compassion. Ce n'est pas de la complaisance, c'est reconnaître que l'imperfection est humaine - et que se flageller ne t'aidera pas à avancer.

La peur ne disparaîtra jamais.

Et il faut l'accepter.
Ce qui change tout, c'est ce que tu en fais.
Est-ce qu'elle te fige ? Ou est-ce qu'elle te montre exactement là où tu dois aller ?

La prochaine fois que tu te surprends à dire "oui, mais j'ai peur de…", arrête-toi. Et demande-toi : est-ce une vraie raison de ne pas avancer, ou juste ton cerveau qui joue les vigiles ?
Puis fais un truc. Petit et imparfait. Mais fais-le.
C'est comme ça que tu vas passer de "j'ai peur" à "on tente".

Si tu te reconnais dans ce sentiment de peur de tout faire foirer : on peut prendre 30 minutes pour discuter de comment tu peux faire quelque chose qui te rapproche de tes envies sereinement : https://calendly.com/splavinet/intro

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